Support: Document souvenir
Sujets : Carole Drayle ; Evan Murol, Sylvain Gast, dit Mecarobot's.
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Date : 10 septembre 2008.
« Mama... »
« Il a dit maman ! Tu as écouté chéri ? ! C'est son premier mot ! »
Le jeune homme avait un grand sourire aux lèvres et regardait le fabuleux tableau de sa femme et de son fils d'un air complètement enchanté et attendrit.
Carole secoua la tête, elle s'était encore laissé distraire par une de ces ombres, ces souvenirs du passé, ces fantômes qu'elles croisaient à tout instant dans les rues. Ces lambeaux de vies, dont les faits réels pouvaient remonter à des temps complètement aléatoires. C'était généralement de moments intenses de la vie, des émotions fortes éprouvées par des passants, ancrés profondément dans le lieu où elles avaient été vécues, et persistant longtemps, même après la mort des individus concernés.
Elle se baladait entre les arbres printaniers du parc se situant en bordure de la mairie d'Atlas. Elle vivait en permanence entourée d'illusions qui se mêlaient au monde réel dans une parfaite harmonie. Il n'était pas rare que les gens la regardent de travers car elle venait de se décaler pour éviter de percuter un fantôme, comme tout un chacun le ferait pour une personne réelle, mais elle se moquait éperdument du regard des autres car elle détestait pas dessus tout le contact des esprits.
Eux ne la voyaient pas, vivaient dans leur propre monde, leur propre temps, et elle se sentait parfois mal à l'aise d'observer ainsi ces moments intimes.. Mais elle n'avait pas le choix. Les visions étaient là depuis sa naissance, c'était ainsi, et cela le resterait. Elle jeta un regard un peu envieux à deux amoureux se bécotant sur un banc public et repensa à sa vie sentimentale. Elle avait cru rencontrer quelques semaines plus tôt un type génial, un constructeur d'androïdes de Peregrine Island, mais il l'avait beaucoup déçu, et après deux semaines passées à être de bons amis, elle s'était rendu compte que leurs idées divergeaient complètement.
Elle même pensait depuis longtemps qu'il n'était rien de plus puissant et de plus beau que les liens que les hommes tissaient entre eux, les relations, les petits bonheurs quotidiens, et ses « visions » la poussait forcément à ces pensées précises. Cependant, lui croyait en la supériorité de la « race » des robots, excluant toute émotion. Il pensait qu'un jour la planète serait leur, car ils étaient puissants, invincibles, indomptables, et d'une froide efficacité. Il n'avait pas fallut longtemps pour que les deux personnes se disputent et se séparent peu à peu, irrémédiablement, malgré leurs nombreux points communs. Cela faisait à présent une semaine qu'elle tentait de l'oublier, tellement leur lien avait été intense lors des premiers jours.
Elle sortit du parc pour se rendre sous l'ombre d'un des grands immeubles de la ville. Un des fantômes attira son attention, un homme grand, brun, au regard triste et aux yeux bleus pétillants. Une petite barbe mal rasée saillait sous son menton, ses joues étaient creuses et son visage fin et maigre trahissait une sous alimentation, presque autant que son corps svelte et peu musclé. Il avait un air préoccupé, semblant un étudiant un peu tourmenté. Son visage était charmant, mais ce n'était pas cela qui avait attiré l'attention de Carole, c'était la netteté exceptionnelle du souvenir, certes toujours un peu translucide, mais particulièrement opaque et aux contours parfaitement dessinés, comme si la personne s'était longtemps remémorée cet instant, que Carole ne jugeait pourtant pas spectaculaire.
L'homme la percuta de plein fouet et la traversa pendant qu'elle le regardait, comme obnubilée. Elle avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais il était fortement probable que ce ne soit qu'une impression. Elle put alors voir un homme qui devait marcher juste derrière l'esprit, et la surprise fut alors de taille tellement la ressemblance entre les deux hommes était frappante. L'homme avait le même visage, mais semblait plus vieux et avoir gagné beaucoup d'assurance. Son regard était conquérant, un sourire narquois étirait ses lèvres, ses sourcils étaient légèrement plissés, ce qui lui donnait un air malin et espiègle. Il semblait plus fort, musclé, et mieux nourrit.
Il avait laissé tombé son uniforme universitaire pour une tenue nettement plus décontractée, d'un blouson de cuir noir par dessus un T-shirt bleu où était dessiné la tête d'un diable en blanc. Sur son épaule droite reposait un énorme crâne violet aux yeux d'un noir profond qui donna à Carole la chair de poule. Ses cheveux avaient étonnement blanchis, alors qu'il semblait n'avoir pas vieillit plus de quelques années. Il était en train d'essuyer ses lunettes de soleil sur son T-shirt. Il les remis sur son nez et sembla soudainement voir Carole, qui se tenait à présent à quelques centimètres de lui et avait faillit le percuter lui aussi.
« Ha, c'est donc vous. Je vous cherchais. »
Carole, surprise, le regarda légèrement de côté, les sourcils froncés.
« Pardon ? »
« Oui. Vous m'avez bien entendu. Je vous connais. Maintenant, vous allez suivre avec moi mon souvenir, car je suppose qu'il doit traîner dans les parages, si j'ai bien compris vos pouvoirs. J'ai besoin d'avoir quelques renseignements. Soyez gentille et aidez-moi, je n'ai pas l'intention de vous faire de mal. »
Carole lui lança un regard noir.
« Et qu'est-ce qui vous fait croire que je suis juste un objet qu'on utilise pour se rappeler son passé ? »
L'homme sourit.
« Ça. »
Il ôta son gant droit et laissa apparaître une main mécanique disposant d'un laser intégré, qui pointait le ventre de la femme. Carole remarqua sa discrétion, nul passant ni même héros volant n’aurait pu apercevoir son arme. Son visage avait gardé son petit sourire cynique et son sang était manifestement resté implacablement froid, étant donné qu’il avait prononcé ce mot sur le ton de la conversation, et que sa main ne tremblait strictement pas, contrairement à celles des Hellions du coin qui s’en prenait parfois aux inconscient qui sortait un peu trop tard le soir dans les rues.
Encore un Cyborg. Foutus Cyborgs. Elle avait décidément du mal avec l’ego surdimensionné de ces gens là. Elle le regarda dans les yeux, simplement, le mettant au défi de mettre sa menace à exécution. Elle en avait déjà trop vu pour être simplement effrayé par ce genre de menace, et elle n’avait pas grand chose à perdre en mourant. Malgré ça, sa vie lui plaisait, et elle n’était tout de même pas pressé de mettre fin à ses jours juste pour tenir tête à un illustre inconnu aux cheveux grisonnants.
« Pff. Vous ne valez même pas la peine que je meure pour vous résister. »
Sur ce, elle se retourna, sans un mot de plus, et repéra l'homme dans la foule, le jeune. Elle se mit à le suivre. Le plus vieux hocha silencieusement la tête et lui emboita le pas. Se questionnant déjà sur ce qu'il y aurait d'intéressant à apprendre dans ce souvenir, elle marchait de son pas vif habituel, sa curiosité l'emportant sur la crainte d'un danger potentiel.
L'étudiant sillonna pendant un bon quart d'heure dans les rues d'Atlas prenant des trajets assez bizarre et tournant quasiment en rond, comme si son unique but était de passer le temps. Finalement, il sembla se produire un changement en lui, comme s'il venait de prendre une décision. Il s’arrêta, sembla réfléchir un instant, puis de dirigea directement vers la ligne jaune et prit le monorail jusqu'à King's Row. Il parcourut ensuite une bonne distance avant d'arriver devant un hangar qui semblait abandonné. Il passa dans une ruelle sombre qui le longeait, cassa un carreau et s'infiltra difficilement par l'ouverture. Ce fut une drôle d'impression pour Carole, car les lieux n'avaient pas changé depuis l'époque du souvenir, excepté que le carreau était encore cassé, et que le souvenir se superposa donc à la réalité, à un point que Carole ne savait plus trop dans quel monde elle se situait.
Elle passa elle aussi par la fenêtre, saisie par un sentiment de malaise. * Et si quelqu'un vivait là aujourd'hui ? * Mais elle n'eut pas le temps de se poser des questions, jetant un vague coup d'œil en arrière sur l'homme qui l'accompagnait silencieusement depuis le début. Il n'y avait aucune hésitation derrière ses lunettes noires. Aucune possibilité de refus. Aucune autre initiative.
Ils se retrouvèrent tous à l'intérieur. Une lumière tamisée éclairait vaguement les lieux. Des grands conteneurs de métal rouillé, des vieilles palettes de bois moisi, des grandes poutres de métal effondrées sur le sol. Et ça et là, éparpillés un peu partout sur le sol, des mécanismes en morceaux, des puces électroniques, des barres métalliques fondues. Carole discerna trois ordinateurs reliés entre eux par de gros et nombreux câbles électriques, des pc aux allures futuristes, mais pourtant largement dégradé par l'âge. Autour de ces ordinateurs, six carcasses de robots étaient assises contre les murs. Trois de petites tailles, assez basiquement assemblés. Ils encadraient trois autres robots, de carrure plus impressionnante, exceptionnellement celui du centre, qui était plus grand que Carole, à vue d'œil. Tous avaient des phares rouges en guise d'yeux, des membres assemblés très anarchiquement, et puaient la rouille à plein nez. Ils semblaient inactifs depuis des années, des toiles d'araignée s'étant formées entre leurs circuits défoncés par le temps. Le tout était élégamment surplombé d’une belle couche de poussière et de toiles d’araignée.
La vision souvenir, où tout était neuf et en bon état, se superposait étrangement à la version qu'elle voyait, lui posant quelques problèmes pour distinguer le vrai du faux. Jamais elle n'avait vu un souvenir si précis. Jamais. L'entrepôt semblait irréel et oppressant, Carole ne se sentait pas bien, comme si le souvenir qu'elle regardait respirait la haine et la méchanceté. Tout miroitait, tout était flou et étrange. La poussière semblait apparaître puis disparaître en divers endroits, comme si le temps avait perdu toutes prises sur cet entrepôt délabré. L’ensemble était à la fois immobile dans le présent ou le passé, mais aussi perpétuellement en mouvement, vacillant entre deux temps. Carole ferma un instant les yeux, prise d’un sérieux mal de tête.
« Alors vous êtes revenus. »
Carole se retourna vivement. Dans un coin de l'entrepôt se tenaient deux hommes. Celui qu'elle avait suivit, et un autre, dans un costume de héros flambant neuf, au regard puéril et au sourire totalement inconscient. Il était visiblement jeune, fiers, et terriblement orgueilleux. Carole devina que ce devait être un de ces héros qui venait de découvrir ses pouvoirs et se pensait supérieur aux autres... Un type de héros dont Paragon City se serait passé bien aisément. C'était lui qui avait parlé, manifestement, et son interlocuteur avait déjà prévu sa réplique.
« Oui. Et j'ai réfléchis. Vous ne pouvez pas saisir cet entrepôt et toutes mes inventions. Nous sommes en Amérique, et je suis libre d'avoir ce que je veux dans mon garage. Embarquez-moi si vous voulez... Mais le juge ne sera certainement pas d'accord avec votre façon de penser. »
L'autre le regarda d'un drôle d'air, mi-amusé, mi-énervé.
« Et qui te dis que tu passera devant un juge ?... Tes petites affaires sont dangereuses, pour toi, comme pour ceux qui t'entourent. Je t'empêche simplement de commettre l'irréparable et de mettre en route ces machines pour envoyer des bâtons dans les roues de mes compères. Tu devrais me remercier. Si tu l'avais fais, j'aurais été un peu plus méchant. »
Il ricana puis mit sa main droite près du visage de l'universitaire. Un arc électrique se forma entre son pouce et son index. Il ferma les doigts. Il sembler penser que cette petite démonstration de ses pouvoirs suffisait à elle seule à calmer l'autre... Mais cela eu l'effet contraire.
« Tu te crois malin ?... Ces robots devaient être offerts à la police de Paragon. Tout simplement. »
« Pour nous attaquer de l'intérieur ? »
« On dirait qu'on ne lutte pas contre les préjugés. »
L'universitaire sourit puis parla un ton plus fort, sur un air autoritaire. Sa voix résonna dans le hangar de métal. Légèrement déformés par la tôle froissée, les échos prenaient des airs menaçants.
« Activation de toutes les unités d'assaut. Ordre d'attaque sur l'élément dérangeant : Super héros. Mot de passe : Mecarobot's. »
Le héros fronça les sourcils, croyant avoir affaire à un fou. Un bruit de rouage se fit entendre. Les robots se levèrent en grinçant et cliquetant. Leurs yeux rouges s'allumèrent et éclairèrent la pièce d'une lueur sanguine.
" Cible : Identifiée. Assaut : Imminent. "
« Hé merde... »
Le super héros se jeta sur le côté. Trois tirs laser filèrent à l'endroit où il se tenait quelques secondes plus tôt. Il n'eut pas le temps de réfléchir à une contre-attaque que déjà un missile fonçait vers lui. D'une roulade, il esquiva. Cependant, l'explosion l'envoya s'écraser contre une caisse métallique où il manqua de se briser le dos. Il concentra son énergie dans ses mains pour accumuler une grande dose d'électricité et écrasa ensuite sa main contre le sol. Les six robots ainsi que l'universitaire subirent une très forte décharge, ce qui eu pour effet de les mettre hors-service. Tous.
Ils tombèrent en arrière et grésillèrent un moment. On entendit des cliquetis et des générateurs de secours s'allumèrent, absorbant le surplus d'électricité dans des condensateurs invisibles pour Carole, cachés sous la carrosserie flambant neuve qui recouvrait leurs corps de métal. Le « Héros » sourit, et se tourna vers l'universitaire, victorieux, près à lui faire un de ses sermons à l'américaine dont seuls des êtres comme lui détenaient le secret.
Mais avant même qu'il ai eu le temps de se souvenir d'une de ses phrases préconstruites et atrocement stupides qu'il avait apprise par cœur dans le bouquin du super zéro de base, une demi-douzaines d'yeux rouges se rallumèrent, inquiétants et menaçants, dans la pénombre du lieu, brillant encore plus fortement qu'auparavant, comme si la décharge qu'ils avaient reçu n'avait fait que recharger leurs batteries, qui envoyaient à présent aux phares de voitures rouges, qui servaient d'yeux à ces robots, une énergie décuplée. Seulement trois des robots s'étaient relevés, les plus solides et les plus imposants. Les trois plus petits n'avaient pas pu correctement assimiler la décharge et se tordaient à présent de « douleur » sur le sol, alors que des arcs électriques les traversaient de part en part. Agité de spasmes violents, ils tambourinaient le sol du hangar de leurs lourds bras métalliques, produisant un impressionnant rafus, qui achevait de briser le silence inquiétant de ce lieu. Après le calme était venu le temps de la tempête, et elle n’avait pas fini de se déchainer.
Le super héros eu le réflexe suffisant de tendre une main ouverte devant lui, lorsque deux grenades et trois modules électriques volants décollèrent des lanceurs des robots. Évidemment, cela n'aurait pas été suffisant si on avait parlé là d'un homme tout ce qu'il y a de plus banal, mais heureusement pour lui, le gringalet en costume moulant avait plus d'un tour dans son sac. Un filet d'éclairs électriques se forma à deux bons mètres de lui. Les grenades explosèrent immédiatement en en percutant les mailles, et le souffle de l'explosion fut tel que l'électricien se retrouva sur le cul avant d'avoir compris ce qui s'était passé. Son filet électrique tint deux bonnes secondes supplémentaires après qu'il fut tombé par terre, et ce laps de temps suffit à court-circuiter les deux drones volants qui s'étaient jetés dans le filet, et qui tombèrent bêtement sur le sol, immobilisés.
Cependant, le troisième, tiré légèrement après les autres, passa le mur électrique juste après que celui-ci eu disparut, et put donc atteindre sa cible sans encombre. Il explosa en de multiples étincelles et bouts de ferraille voltigeant à droite à gauche, mais le plus dangereux de cette attaque fut l’éclair aveuglant qui se libéra lors de la destruction du gadget. Le héros eu le réflexe salvateur de dégoupiller une petite grenade avant de se faire criblé de balle, aveuglé comme il était. Cette petite sphère tomba à ses pieds libérant un épais gaz noir et opaque, laissant le costume du héros disparaître au milieu de cette fumée.
Le nuage avait complètement enveloppé d’ombre l’ennemi des robots, mais cela ne les empêcha pas de passer la zone au laser et aux balles. Des centaines de projectiles de tout types pénétrèrent dans la pénombre, ne laissant aucune chance de survie au héros aveuglé.
Attendre. Ils n’avaient plu que ça à faire. Trois robots et un gringalet de scientifique, fébrilement armé d’un fusil bricolé main, qu’il était parti en courant chercher sur une étagère, profitant de cette trêve d’un instant. Chacun était à l’affut, regardant partout. Le héros avait très bien pu se glisser derrière un des grands conteneurs de métal… S’il avait été assez rapide.
La fumée se dissipa enfin. Manifestement, il avait été assez rapide. Plus rien. Les robots sillonnaient de leurs yeux rouges le grand hangar d’ou pouvait à tout instant survenir une menace.
Et elle survint.
Le super héros se jeta d’un grand bloc métallique, les bras écartés devant lui en forme de V majuscule, un sourire quasi dément au bord des lèvres. Trois sphères d’électricité, lancées en plein vol. Trois sphères meurtrières envoyées avec une soigneuse précision malgré la vitesse de l’homme qui allait bientôt s’écraser sur le sol.
La première atteignit sans problème la poitrine d’un des deux robots de taille moyenne, entrainant sans problème sa surcharge immédiate et l’arrêt de toutes ses fonctions « vitales ». La deuxième s’approchait à toute vitesse de la tête de métal du plus grand robot lorsqu’elle fut littéralement absorbée par un champ de force créé par le troisième robot. La troisième, enfin, avait pour cible le torse du constructeur des robots. Mais elle ne l’atteignit pas. Il avait le réflexe suffisant pour faire un rapide pas de côté. Pas suffisant, malheureusement, car son bras armé écopa d’une bonne partie de la décharge. Plus tard, ce membre grillé et inutilisable serait remplacé par un bras métallique, beaucoup plus efficace, conclu rapidement Carole, qui se savait à l’abri, mais ne pouvait s’empêcher d’essayer de chercher refuge derrière une grande caisse de métal, tant la scène paraissait réaliste et fantasmagorique à la fois.
À peine retombé sur ses jambes que le héros courait déjà à toute jambes vers le plus imposant des robots. Ses poings fermés étaient désormais entourés d’une aura électrique d’un bleu profond. Son visage, lui, était déformé par la rage de vaincre.
L’énorme masse de métal n’eu pas le temps d’ajuster suffisamment ses tirs pour faire des dégâts sérieux à la menace qui déboulait sur lui. Cependant, il anticipa le choc assez tôt pour envoyer une énorme droite contre le flanc de son adversaire, qui vola sous l’impact, mais ne mit pas plus d’une seconde à se ressaisir, le sang et le cerveau fouetté par les masses d’énergie qui parcouraient son corps.
Le combat fut aussitôt réengagé. Poings électriques contre poings métalliques, le duel semblait ne devoir jamais se finir. Chaque coup de l’humain surchargeait un peu plus les condensateurs du robot, tandis que chaque coup de ce dernier démolissait un peu plus la chair et les os du premier. Combat de titans, danse intrépide, que ne voulait surtout pas interrompre l’autre dernier robot en état de marche, de peur de blesser son pareil.
Enfin la victoire. Victoire peu glorieuse d’un héros cotonneux, courbaturé, couvert de bleus, enfoui sous un tas de ferraille froid.
Victoire tout de même. Et tandis que péniblement le gagnant se relève, le petit robot cherche à réparer le gros, lui envoyant des centaines de micro-puces réparatrices. Une grande puissance se charge entre les mains du héros, un trait puissant démolit le crâne du robot.
Victorieux, enfin, il se tient debout sur ses jambes meurtries. D’une main il envoie une décharge aux micro-puces. L’énorme masse métallique s’agite d’un spasme puis s’affaisse. Il se retourne, lentement, vers l’homme qui a déclenché le massacre. Les robots étaient trop lents, trop fragiles, trop mal réglés, encore inachevés, encore trop jeunes, malgré les centaines d’heure que leur concepteur a passé à les créer. Le héros a gagné, et il s’en vantera toute sa vie.
« Toi, j't'embarques, t'es bon pour quelques années au Zig, mon vieux... »
C'est sur ces mots que le super héros Evan Murol clôtura le destin de Sylvain Gast, universitaire. Mais cela, Carole ne le sut que bien plus tard.
Pour le moment, elle n'entendit que la voix du loubard qui l'avait poussé à venir ici, le cyborg.
« Suit le héros. Et rapporte moi ses paroles... Ou sinon... »
Impressionnée par le combat qui vient de se dérouler, elle obéit, docile.
« Tom ? C'est Murol. J'embarque le fauteur de trouble. Fait-moi un recherche sur Mecarobot's, s'il te plaît... C'était son mot de passe pour ses robots. Je me demande si on peux pas dénicher un réseau avec ça.. »
Carole rapporta ces paroles apparemment sans importance à l'homme qui se tenait devant elle. Il semblait contenir difficilement sa joie. Il murmura plusieurs fois « Murol... » avec un sourire aux lèvres. Carole cru aussi entendre les mots « Tu es mort... ». Elle frissonna.
Le héros du souvenir repris la parole, après un moment plutôt long. Certainement avait-il laissé le temps à son collègue de faire ses recherches. Elle résuma pour le psychopathe :
« Ils n'ont rien trouvé à propos de Mecarobot's. Rien du tout. »
L'homme ricana légèrement et sourit, ne paraissant pas surpris le moins du monde.
« Oh... C'est un détail. Qu'ils recommencent leur recherche aujourd’hui. Ils en trouveront des résultats... »
Support : Fiche du prisonnier N°4A057F.
Sujet : Mecarobot's.
Enregistré par : Mecarobot's.
Date : 22 août 2008.
Enregistrement des informations du prisonnier N°4A057F retenu dans le pénitencier du Z.I.G. Depuis le : 14 avril 2002.
Zone : 14.B
Cellule : AC/84
Nom : Gast.
Prénom : Sylvain.
Âge présumé : 20 ans.
Délit : Refus d'obéir à un agent de la sécurité publique.
Commentaires des geôliers :
Agent Smart (Matricule 5D2).
22 Juin 2002 : Le détenu en question a subit un mois entier de crise psychologique. Il est entré de nombreuses fois dans des crises de fureur et de rage intense, puis des crises de tristesse pendant lesquelles son état mental frisait la folie, où il subissait de nombreuses hallucinations et n'était capable de penser à rien d'autre qu'à sa capture. Son état s'est aggravé le 15 Juin 2002. Il est entré dans une sorte de coma éveillé. Plus aucun réflexe repéré. Incapable de parler. Seuls les gestes habituels comme dormir ou manger lui étaient accessibles. Nous l'avons fait entrer en cellule psychiatrique ce lundi 24.
26 Juin 2002 : Tentative d'évasion du détenu. Manifestement en pleine capacité de ses fonctions cérébrales. Son état prétendument grave a réussit à duper aussi le service psychiatrique. Il a pu accéder à une bouche d'aération. Il s'est ensuite fait passé pour un geôlier après avoir prit le costume de fonction de l'agent Polk (Matricule 9A3). Cause de l'échec de l'évasion : Le détenu qui occupait la cellule en face de la sienne, présent du fait de sa libération, le même jour, l'a reconnut au beau milieu du hall d'accueil, et l’a dénoncé. Il a été reconnu, interrogé, et a regagné sa cellule. Il ne tente plus de duper les gardes depuis lors.
Agent Edward (Matricule 7F8).
3 décembre 2005 : Le détenu ne présente aucun signe de faiblesse. Il méprise les gardes et leur prête à peine attention. Il fait de moins en moins attention à la douleur physique de son bras droit, totalement brûlé et amorphe depuis son incarcération, malgré les soins prodigué. Il semble ne plus avoir qu'un seul but et s'y fixe. Il parle parfois de vengeance. Personne ici n'en sait plus. Demandons à ce que la peine soit reconduite. L'individu semble dangereux.
6 septembre 2006 :
Le détenu N°4A057F manque à l'appelle. Il semble faire partie des 124 prisonniers ayant profité de l'attaque des Ritkis sur Brickstown, et particulièrement sur le Z.I.G., pour s'échapper. La grille de sa cellule n'a pas été détruite. Aucun ritki ni aucun prisonnier libéré ne semble s'être aventuré jusqu'au secteur AC, où est positionné sa cellule. Aucune clé n'a été volé et aucune serrure forcée. Nous n'avons toujours pas d'hypothèses sur le moyen d'évasion du détenu.
Fiche du prisonnier déclarée close le 9 février 2008.
Caméra de sécurité du casino du splendide, 4 octobre 2008, 2 h 48.
Commentaire audio de Guillan Harx.
[Non terminé.]